Diastasis
Spécialisée en chirurgie générale et digestive, je vous donne ici des informations claires sur le diastasis : ses symptômes, son traitement chirurgical, les complications possibles et les étapes de la convalescence postopératoire.
Écartement des muscles
Qu'est-ce que le diastasis ?
Le diastasis des muscles droits est un écartement excessif et anormal des deux muscles abdominaux situés de part et d’autre de la ligne médiane de l’abdomen : la ligne blanche. Cette zone d’attache et de convergence des muscles est faite de tissus conjonctif fibreux (l’aponévrose musculaire).
En cas de diastasis, la ligne blanche est distendue, et les muscles ne remplissent plus leur fonction de maintien. Le diastasis est considéré comme pathologique au-delà de 2 cm.
Ce n’est pas une hernie, mais cela crée une faiblesse de la paroi abdominale, parfois associée à d’autres pathologies comme une hernie ombilicale.
Le diastasis touche principalement les femmes après une ou plusieurs grossesses, notamment en cas de jumeaux ou de bébés de gros poids.
Il peut aussi concerner les hommes avec une distension abdominale chronique, notamment en cas de surpoids.
Une chirurgie abdominale ancienne, des efforts répétés ou une perte musculaire peuvent également favoriser son apparition.
On estime que 30 à 40 % des femmes présentent un diastasis modéré ou important après leur grossesse.
Une hernie ventrale peut apparaître :
- Au niveau du nombril (hernie ombilicale).
- Au niveau de la ligne blanche (zone médiane entre le sternum et le nombril).
Ces hernies médianes touchent environ 2 à 4 % de la population et sont favorisées par l’âge, l’effort chronique, l’obésité.
Lorsque la hernie apparaît sur les côtés de l’abdomen, on parle de hernie latérale. C’est une forme plus rare aussi appelée hernie de Spiegel.
Contrairement à la hernie inguinale, la hernie ventrale n’est jamais congénitale, elle est toujours acquise.
Les symptômes
Le diastasis peut passer inaperçu, mais il peut s’aggraver avec le temps et altérer la qualité de vie.
Il peut provoquer :
- Une bosse centrale ou un ventre bombé, surtout en position assise ou lors des efforts.
- Des douleurs lombaires ou pelviennes, liées à un déséquilibre musculaire.
- Une sensation d’instabilité abdominale, de vide ou de faiblesse du tronc.
- Une mauvaise posture, notamment debout ou en marchant.
- Une gêne lors de l’effort physique ou lors des rapports sexuels dans certains cas.
- Une gêne esthétique importante.
Le diastasis peut être associé à des hernies notamment ombilicales ou de la ligne blanche, qu’il est parfois nécessaire de traiter conjointement.
Le traitement
En l’absence de gêne importante, aucun traitement n’est obligatoire.
Mais dans certains cas, une réparation chirurgicale peut être proposée.
La chirurgie est envisagée :
- En cas de gêne fonctionnelle ou douleurs chroniques.
- Si le diastasis est associé à une hernie (ombilicale ou médiane).
- En cas de ressenti esthétique important avec retentissement psychologique.
Une évaluation clinique et souvent un scanner permettent de mesurer la largeur du diastasis et de proposer la solution la plus adaptée.
Des séances avec un kinésithérapeute sont souvent prescrites avant la chirurgie. Elles sont très efficaces pour renforcer la paroi abdominale avant l’intervention et pour en améliorer les résultats.
L’intervention est réalisée par voie ouverte avec une incision horizontale basse. Elle est parfois proposée en chirurgie mini-invasive (par coelioscopie) dans certains cas très ciblés.
Elle consiste à :
- Repositionner les muscles droits à leur place normale.
- Raffermir la ligne blanche distendue.
- Renforcer la paroi abdominale avec une prothèse (un filet) placée en profondeur derrière les muscles.
Selon le cas, l’intervention peut être associée à une abdominoplastie réparatrice, surtout en post-grossesse.
Les complications possibles
En cas de réparation chirurgicale du diastasis, les complications restent rares mais possibles comme pour toute chirurgie :
- Risque d’hématome, d’infection ou de sérome (accumulation de liquide séreux généralement sans gravité).
- Sensation de tension dans les premières semaines.
- Très rarement, récidive du diastasis.
La convalescence
L’hospitalisation nécessaire après l’opération est de courte durée : De 24 h jusqu’à 5 jours en fonction de l’intervention réalisée. La récupération dépend également du geste réalisé.
- Port d’une gaine abdominale : 4 à 6 semaines, pour maintenir la suture et aider la cicatrisation (jusqu’à 3 mois en cas d’abdominoplastie associée).
- Reprise des activités courantes : dès la première semaine.
- Arrêt de travail : 2 à 4 semaines selon l’activité en limitant le port de charges lourdes le premier mois.
- Reprise du sport doux : 4 semaines, sport intense : 6 à 8 semaines.
- Résultat esthétique définitif après 3 à 6 mois.
La prise en charge de la sécurité sociale est possible, selon les cas, mais il reste souvent une partie à la charge du patient, principalement quand une abdominoplastie est associée.
Toutes les explications nécessaires vous seront fournies lors de la consultation, pour vous permettre de prendre une décision éclairée et en toute confiance.